INTERVIEW

 

(...) Vous avez publié votre premier roman à 25 ans, avez-vous toujours écrit?

 

Oui, j’ai toujours été proche de l’écriture mais je ne pensais pas un jour devenir écrivain. C’était un peu comme un rêve d’enfant. J’écris car j’ai sans cesse envie d’histoires. 

 

2010 est une année importante pour vous. Vous publiez coup sur coup Les Cris puis Les Bulles.

 

Oui, ce sont deux livres qui peuvent se lire en triptyque avec Insectes. Cette année, ce sont deux petits recueils. Ils fonctionnent bien ensemble et je suis contente qu’ils sortent à peu de mois d’intervalles. 

 

Le nouveau récit que vous publiez s’appelle Les Bulles. Vous jouez sur la thématique de la bulle, le fait de vivre dans sa bulle?

 

Oui, être dans sa bulle, grossir dans sa bulle. La bulle renvoie aussi aux bulles de la bande dessinée. J’avais envie d’aller voyager dans ma bulle et de regarder dans la bulle des autres car on est au fond tous un peu dans sa bulle. La bulle a aussi un effet de loupe très intéressant à analyser.

 

Discrète, préférant l’ombre à la lumière Claire Castillon trace son sillon dans l’univers littéraire, vivant entre Paris et son refuge du sud de la France, elle vit aussi bien dans ses livres que dans son époque. 

 

C’est en 2000 que Claire Castillon publie son premier ouvrage : Le Grenier, roman à la fois déroutant et dérangeant, salué par la critique. 

Dès lors, au rythme d’un livre par an, Claire Castillon entraine ses lecteurs dans son univers : l’amour, les autres, les petits riens du quotidien sont autant de source d’inspiration.

 

Après ses romans Pourquoi tu m’aimes pas ?, La Reine Claude ou Vous parlez d’elle, elle se lance dans l’écriture de nouvelles en 2006 avec Insectes, un livre sur les relations mère-fille qui sera un gros succès en librairie .

 

Depuis alternant roman et recueil de nouvelles, Claire Castillon a trouvé sa place dans le paysage littéraire aussi bien en France qu’à l’étranger puisque ses livres sont publiés dans une dizaine de langues.

 

Un 10ème livre, le 10ème en 10 ans : Les Bullesédité chez Fayard, une trentaine de nouvelles titrées par des prénoms comme autant d’histoires sur nos vies, nos coups de cœur, nos défauts, nos travers, nos enthousiasmes... 

 

Un livre surprenant à l’écriture subtile.

Vous publiez un nouveau récit de nouvelles, pourquoi êtes-vous particulièrement attirée par ce genre?

 

Il me semble que ce genre permet de s’attacher aux détails et de les grossir comme on le souhaite. Je me rends compte qu’en France, la nouvelle n’est pas très utilisée. C’est dommage. En Angleterre, en Amérique, elle est très présente (...)  

 

Vos textes ne sont-ils pas aussi un perpétuel échange entre les mondes de l’image et du texte ?

 

On pourrait dire que je cherche à maquiller sans masquer. Nous vivons dans une civilisation de l’image et mes textes cherchent peut être à se montrer comme autant de vues sur notre époque contemporaine. Je travaille sur les modes de la satire et du fantasme avec toujours une petite touche d’humour. 

 

De manière plus physique, la couverture de ce nouvel ouvrage est encore très réussie. Quel est son secret?

 

J’ai réfléchi et me suis dit que les couvertures précédentes avaient été réussies et que je devais garder l’idée de la photographie. L’idée de mettre ma tête dans un bocal est alors apparu comme une évidence.

 

Propos recueillis par Philippe Cruse